One Planet Summit 2021, encore un sommet pour rien ?

Il y a quelques jours avait lieu à Paris le 3ème sommet One Planet Summit (OPS).

Equivalent des COP consacrées au réchauffement climatique, l’OPS est né en 2017 avec la volonté de se consacrer spécifiquement à la biodiversité.

Avec la crise sanitaire récente, la question de préservation des espèces animales et végétales dans leur biotope est devenue il est vrai encore plus prégnante.

Mais ce genre de sommet sert-il encore à quelque chose, face à l’urgence de la situation dénoncée par de nombreux scientifiques ?

Petit bilan de ce One Planet Summit qui se tenait à Paris ce 11 janvier 2021.

One Planet Summit 2021, des paroles ou des actes ?

De nombreux citoyens s’interrogent de plus en plus sur la pertinence de telles réunions internationales, d’autant que ce One Planet Summit comptait quelques absents de marque, comme les USA ou la Russie. Comment prendre des décisions majeures en termes de biodiversité quand l’Amazonie n’est même pas représentée avec un autre absent de marque, le Brésil ?

De nombreux militants ou politiques dénoncent ces grandes réunions, où l’on parle beaucoup pour pas grand-chose, cette fois-ci par visio-conférence ! Leur pensée a été parfaitement résumée dans un tweet de Greta Thunberg :

LIVE from #OnePlanetSummit in Paris:
Bla bla nature
Bla bla important
Bla bla ambitious
Bla bla green investments
Bla bla great opportunity
Bla bla green growth
Bla bla net zero
Bla bla step up our game
Bla bla hope
Bla bla bla...*

*locking in decades of further destruction https://t.co/veGb4T7kmr

— Greta Thunberg (@GretaThunberg) January 11, 2021

Les discussions de cet OPS 2021 semblent d’ailleurs lui donner raison, dans la mesure où des points d’étape ont été faits sur des projets antérieurs, comme La Grande Muraille Verte.

Il s’agit de planter en plein désert du Sahara une barrière d'arbres et de végétaux adaptés à la sécheresse, sur 15 kilomètres de large et 7 000 kilomètres de long entre Djibouti et le Sénégal. Imaginé en 1952, ce projet d’« Amazonie africaine » a été lancé en… 2007… et semble s’enliser dans les sables du Sahara ! 4 % des 100 millions d’Ha espérés pour 2030 sont à ce jour plantés ! Ce n’est pas une question de mauvaise volonté, mais sur les 10 milliards nécessaires au projet, seuls 200 millions ont été mobilisés !

Ce bilan d’étape a toutefois permis de mobiliser des promesses de dons, qui vont dans un premier temps multiplier par 5 les sommes déjà engagées, avec des partenariats public/privé à hauteur de 2 milliards de dollars.

Mieux, un consensus s’est formé entre dirigeant africains et européens, pour intégrer ce projet à une politique économique, pour accompagner demain de nouveaux emplois, et une politique de sécurité, pour apporter la paix à une Afrique sub-saharienne très instable. Bla bla ou prise de conscience ? L’avenir le dira !

Pour ou contre la politique des petits pas ?

Comme souvent en écologie et en matière de développement durable, on retrouve une opposition entre les partisans de la politique des grands changements, et ceux de la politique des petits pas.

En matière de biodiversité, Bruno David, Président du Museum d’Histoire Naturelle, insiste toutefois sur la grande différence entre la politique de biodiversité et celle sur le climat. Cette dernière s’accompagne en effet d’une grande inertie, avec des modifications qui portent sur le changement climatique 30 à 40 ans plus tard.

Inversement, l’action sur la biodiversité est souvent plus rapide, tant la vie est la plus forte : il a suffi d’un confinement pour faire revenir les animaux dans les villes, et une à deux saisons de pêche interdite, pour sauver le thon rouge de Méditerranée.

Il voit ainsi dans un évènement comme le One Planet Summit, une avancée majeure : jamais la biodiversité n’aurait réuni autant d’hommes d’état il y a quelques années. Il est d’ailleurs probablement tout aussi important de financer un programme pharaonique comme La Grande Muraille Verte, qu’un micro-programme focalisé comme celui de Komaza au Kenya, à travers lequel l’OPS aide les petits exploitants dans des actions de micro-foresterie durable, régénérant la faune locale et la flore.

Cet OPS 2021 s’est terminé sur quelques engagements forts, comme celui de mettre 30 % des territoires nationaux en espaces naturels protégés, créer une coalition pour sauver la Méditerranée, accélérer la gouvernance de la Grande Muraille Verte et celle de l’Alliance pour la préservation des forêts tropicales et humides… mais sans le Brésil !!! Certes, il s’agit bien de paroles !

Bla bla ou politique des petits pas dont on verra les effets dans les années à venir… ? Difficile de le dire aujourd’hui, rendez-vous en 2025 ou 2030 pour voir le bilan concret de ce One Planet Summit 2021 ! Ou pas !

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