Les canons à neige pour les stations de ski, une aberration écologique ?

Alors que la crise sanitaire a conduit à la fermeture des remontées de ski, certaines stations de moyenne montagne ont d’ores et déjà annoncé leur fermeture définitive.

Cette crise économique est en réalité le prolongement d’une crise plus profonde, liée au réchauffement climatique, qui fait qu’on estime que la moitié des stations de ski pourraient disparaître d’ici 2050.

Même la très officielle Cour des Comptes s’en est émue dans un rapport de 2018.

Pour pallier au manque de neige, plus de la moitié des stations de ski des Alpes et des Pyrénées ont recours désormais à de la neige artificielle pour leur survie.
Mais alors qu’on nous enjoint à préserver la planète, quel est l’impact écologique de ces canons à neige en matière de développement durable ?

Comment se fabrique la neige artificielle ?

Un canon à neige ou enneigeur fabrique de la neige à partir d’eau et d’air comprimé, par un principe physique de compression des gaz équivalent au congélateur.

Il fonctionne de manière optimale entre -6 et -10°C, en pulvérisant dans un air froid un mélange d’air comprimé et d’eau : les gouttelettes se congèlent alors avant de tomber au sol, formant une neige immaculée… mais artificielle.

Pour les professionnels, l’objectif est à la fois d’étendre le manteau neigeux en surface et en épaisseur, permettant une ouverture plus longue des pistes de ski sur l’année, et un domaine skiable accru.

Cette neige de culture se présente sous forme de flocons sphériques, contrairement à la neige naturelle dont les flocons sont hexagonaux : cette neige artificielle est ainsi plus dense et plus durable, et donc paradoxalement moins sensible aux effets climatiques que la neige spontanée.

Au total, un canon à neige va donc mobiliser :

  • de l’eau, une ressource naturelle précieuse ;
  • de l’énergie, pour comprimer l’air froid ;
  • et parfois des additifs chimiques rajoutés à l’eau, pour permette une congélation à des températures moins froides.

Si le ski est un sport où l’on profite à fond de l’air pur de la montagne et de la nature, cette neige artificielle semble soudain contre-nature. Qu’en est-il vraiment ?

Quel impact a la neige de culture sur l’environnement ?

Faire de la neige artificielle consiste par définition à interagir avec un environnement souvent fragile. Quelles en sont les conséquences ?

La neige artificielle consomme beaucoup d’eau

Produire de la neige artificielle, c’est d’abord consommer une grande quantité d’eau. Même si les canons à neige de dernière génération en utilisent 3 fois moins qu’il y a 30 ans, on estime qu’il faut environ 1000 m3 pour enneiger un hectare.
Or 20% de cette eau est perdue par évaporation.

Le plus souvent, il faut en plus créer de nouveaux bassins de rétention, ce qui peut modifier les équilibres biologiques dans les vallées ou sur les versants.

Mais au total, le bilan global est un peu moins catastrophique qu’on ne pourrait le craindre :

  • l’eau évaporée va être in fine réintégrée au cycle écologique de l’eau ;
  • la neige formée finira par fondre, et irriguer des sols parfois touchés par la sécheresse du printemps.

L’eau gaspillée n’est donc pas le principal problème des canons à neige.
C’est l’énergie.

La neige de culture signifie des dépenses énergétiques

On estime en effet qu’une station comme Avoriaz consomme 500 000 kWh sur une saison, et que la neige de culture au niveau national gaspille plus de 108 millions de kWh. A l’époque des économies d’énergie, ce bilan est paradoxal.

Certes, les stations de ski font désormais attention, car elles payent ces dépenses énergétiques. Il n’empêche que le bilan énergétique est à ce stade défavorable.

Comme cette production de neige de culture se fait avant la saison, l’une des pistes d’amélioration est d’aller vers des sources d’énergie durables, non stockables, et qui seraient en quelque sorte en surcapacité avant l’arrivée des vacanciers.
Leur utilisation pour fabriquer de la neige artificielle aurait alors un sens, sans gaspillage énergivore.

L’impact des canons à neige sur la température

La neige est connue pour être un isolant qui réchauffe la terre, modifiant de fait les biotopes. Paradoxalement, la neige artificielle va donc être une bonne chose si elle couvre les zones impactées par le changement climatique.

En effet, ces terres étaient habituées il y a quelques années à être enneigées, si bien que leur faune et leur flore s’y sont adaptées.
La neige de culture va alors maintenir un état naturel, que l’homme avait quelque peu modifié avec le réchauffement de la planète.

Inversement, la neige artificielle peut avoir des effets délétères si elle est destinée à recouvrir des sols où elle n’était pas naturellement présente. Il en va donc de la responsabilité des exploitants de station.

Paradoxalement, ce manteau neigeux a aussi un effet positif sur la nature. Par son apport de froid et de volant thermique, il ralentit en effet la fonte de la neige aux alentours. A défaut d’induire un cercle vertueux sur la fonte des glaciers ou des cimes enneigées, il en bloque le cercle vicieux.

C’est d’autant plus vrai que cette neige artificielle a une durée de vie plus longue que la neige naturelle, de par ses flocons cylindriques.

Cette combinaison d’effets principalement négatifs avec quelques effets positifs prouve une fois encore que l’écologie doit toujours se penser en termes de globalité et de cycles. Ces bilans sont d’autant plus complexes, qu’ils doivent intégrer des facteurs économiques : la France est deuxième pays du ski après les USA, avec un marché représentant près de 10 milliards d’euros et des milliers d’emplois.

De quoi justifier les canons à neige ? Et une neige artificielle qui doit être non seulement blanche, mais aussi de plus en plus « verte » !

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